Hoverkart

Le gyropode séduit d’abord par son silence. Le hoverboard, lui, se reconnaît à sa plateforme, à ses deux roues motrices et à cette conduite debout qui demande deux ou trois minutes d’apprivoisement. Ajoutez à cet ensemble un châssis, deux manettes de commande et surtout un siège : vous obtenez un hoverkart, aussi appelé kit kart. Sur le papier, la différence tient à peu de chose. Dans les faits, elle change complètement les sensations, la position de conduite et la façon dont on aborde un virage.

Qu’est-ce que le hoverkart ou le kit kart au juste ?

On doit le hoverkart au fabricant californien HoverPowered, qui a eu l’idée d’asseoir le pilote plutôt que de le laisser debout. L’appareil ouvre un mode de glisse différent, sur l’asphalte des rues comme sur des chemins nettement moins lisses. Pour les amateurs de sorties hors des sentiers battus, les fabricants déclinent d’ailleurs des versions tout-terrain à côté des modèles urbains. Techniquement, le hoverkart n’est pas un véhicule autonome : c’est un accessoire, un kit de pièces à monter sur un hoverboard que vous possédez déjà. On y trouve la roue avant (pleine sur les modèles d’entrée de gamme, gonflable sur les versions tout-terrain), deux manettes qui commandent l’accélération et le freinage, le siège du conducteur et les sangles qui solidarisent l’ensemble avec la plateforme. Comptez 7 à 8 kilos sur la balance, ce qui reste transportable dans un coffre. Grâce à la barre télescopique centrale, la compatibilité ne pose pratiquement jamais problème : les tailles de roues les plus courantes (6,5, 8 et 10 pouces) passent sans adaptateur. La vitesse, elle, dépend entièrement du hoverboard utilisé : avec un moteur correct, la pointe tourne autour de 15 km/h et grimpe jusqu’à 20 km/h sur les modèles les plus véloces. Le design au ras du sol est original et rassurant à la fois, puisque la hauteur de chute se compte en centimètres. Vous orientez le kart dans toutes les directions, vous slalomez, vous enroulez des virages serrés, et si le moteur suit, vous pivotez à 360 degrés sur place. Un détail de terrain que peu de notices mentionnent : après la première demi-heure de roulage, les sangles ont pris du mou. Reprenez-les à ce moment-là, sinon les manettes gagnent du jeu et la direction devient approximative.

Pourquoi opter pour un kit kart ?

Le principe est simple : quelques pièces transforment un hoverboard en kart électrique. Là où le gyropode vous demande de rester debout et de gérer votre équilibre en permanence, le kit kart vous installe sur un siège et laisse vos jambes tranquilles. Résultat, les sorties s’allongent et les terrains irréguliers deviennent nettement plus supportables. La configuration à trois roues apporte aussi une stabilité que la position debout n’offre pas, notamment quand le revêtement change sous les roues. Vient ensuite la polyvalence. Grâce au réglage de la barre centrale, le même kit accueille un enfant de huit ans l’après-midi et un adulte le soir, sans outil compliqué. Et l’installation reste à la portée de tout le monde : si votre hoverboard prend la poussière depuis deux hivers, c’est probablement le moyen le plus économique de lui redonner un intérêt. Reste la sensation elle-même, difficile à décrire tant qu’on ne l’a pas essayée : assis à dix centimètres du sol, une vitesse modeste paraît beaucoup plus vive qu’elle ne l’est réellement, surtout quand l’engin pivote sur son axe. C’est précisément ce que le kart classique procure, en version électrique et sans bruit de moteur thermique.

Comment choisir un hoverkart ?

Deux grandes familles se partagent le marché : les modèles urbains et les versions tout-terrain. Votre terrain de jeu tranche la question en une minute. Bitume propre, allées de parc, cour goudronnée : un modèle classique à roue pleine fait très bien l’affaire. Graviers, sable, herbe rase, chemin de campagne : orientez-vous vers une roue avant gonflable d’au moins 10 pouces, sinon vous passerez votre temps à bloquer sur des cailloux. Les premiers prix, souvent affichés sous les 50 euros, sont tentants. On vous conseille pourtant de passer votre chemin : c’est presque toujours sur le siège et sur les barres que le fabricant a rogné, c’est-à-dire exactement sur les deux pièces qui encaissent les efforts. Vérifiez plutôt l’assise (une coque rigide, pas une simple plaque souple), la section des tubes et la qualité des soudures. L’aluminium a nettement gagné du terrain ces dernières saisons, et à raison : il résiste bien tout en gardant le kit sous les 8 kilos. Pensez enfin à la charge maximale annoncée, généralement autour de 100 kilos, et à la cohérence entre votre gabarit et les dimensions du châssis : un adulte d’1,90 m sur un kit dimensionné pour enfant se retrouve les genoux au menton, et la conduite en pâtit autant que le confort.

Quels sont les équipements de sécurité indispensables ?

Vingt kilomètres/heure, c’est peu si on compare à une trottinette électrique bridée à 25 km/h. Sauf que vous roulez à quelques centimètres du sol, les jambes tendues vers l’avant et les mains à hauteur des roues : une bordure mal négociée se paie en poignets et en genoux, et les conséquences peuvent être lourdes quand le pilote est un enfant. Un casque vélo à la norme EN 1078 fait parfaitement le travail, des genouillères évitent les mauvaises surprises, et on ajoute volontiers des gants, puisque les mains sont ce qui touche le sol en premier. Les sangles bien tendues participent aussi à la sécurité : c’est ce qui empêche le kart de se désolidariser du hoverboard en pleine manœuvre. Un point de réglementation mérite d’être connu, car il surprend beaucoup d’acheteurs : le code de la route (article R311-1) définit les engins de déplacement personnel motorisés comme des véhicules sans place assise. En installant un siège, vous sortez de cette catégorie, et l’engin n’a donc rien à faire sur la chaussée ni sur une piste cyclable. Terrain privé, cour fermée, parking dont vous avez l’usage : voilà le domaine du kit kart. Autant le préciser aux enfants avant de leur confier les manettes.

Le montage et les premières minutes de glisse

Le montage prend rarement plus de dix minutes, montre en main. Vous ajustez la longueur de la barre centrale à votre taille, puis vous fixez les deux lanières sous les manches de direction, en veillant à ce qu’elles épousent bien la plateforme. Une fois l’ensemble solidaire, le mécanisme de fixation s’enclenche automatiquement dès que vous prenez place sur le siège, et se désactive de la même façon quand vous vous relevez. Installez-vous : pieds sur les repose-pieds réglables, mains sur les manettes de direction. Le principe de pilotage reprend celui du hoverboard, transposé aux bras. En poussant les deux manettes vers l’avant, vous accélérez ; en les ramenant vers vous, vous ralentissez ; en poussant d’un seul côté, vous tournez. Les toutes premières minutes sont un peu hésitantes, le temps que le cerveau accepte de commander avec les mains ce qu’il faisait avec les pieds. Faites vos premiers tours sur une surface dégagée, sans obstacle ni dénivelé, et gardez les gestes courts : c’est en dosant petit qu’on trouve le plus vite le bon rythme.