Razor fabrique des trottinettes depuis 2000, bien avant que les modèles en libre-service ne débarquent sur les trottoirs des grandes villes. La marque a gardé son ADN : des engins électriques pensés d’abord pour les enfants et les adolescents, avec des vitesses bridées, des cadres étroits et un poids contenu. Autant le dire tout de suite, on ne compare pas une Razor à une trottinette de trajet domicile-travail vendue 800 euros. Ce sont deux philosophies différentes. Ici, l’objectif est d’apprendre à rouler, de s’amuser dans une cour, un parc autorisé ou sur un chemin privé, et de le faire sans y laisser un budget de vélo électrique. Reste à savoir quel modèle correspond à quel gabarit, et ce qu’il faut vérifier avant la première sortie.
Quels sont les vrais atouts des trottinettes électriques Razor ?
Le premier argument tient à l’encombrement. Une E100 pèse une dizaine de kilos et se glisse sous un bureau, dans un placard à balais ou dans le coffre d’une citadine sans rien démonter. Le second, c’est la simplicité mécanique : transmission par chaîne, moteur silencieux, aucune électronique capricieuse à diagnostiquer un dimanche soir. Sur ce segment, les pièces détachées (chaîne, poignée d’accélérateur, chargeur, batteries) se trouvent encore facilement plusieurs années après l’achat, ce qui n’est pas si courant chez les marques d’entrée de gamme.
La gamme se distingue surtout par sa batterie. Razor est resté fidèle au plomb scellé en 24 V (deux blocs de 12 V montés en série) sur ses modèles les plus vendus, quand la concurrence est passée au lithium. Ce choix a une conséquence très concrète : il faut compter environ 12 heures de charge pour à peu près 40 minutes d’utilisation continue. Le ratio surprend, mais le plomb encaisse bien les cycles courts et coûte nettement moins cher à remplacer. Le vrai piège, on le voit tous les hivers : ranger la trottinette batterie vide pendant six mois. Le plomb se sulfate et perd une bonne partie de sa capacité. Une recharge complète tous les trente jours pendant la période de rangement suffit à éviter cette panne bête.
Le reste varie d’un modèle à l’autre : diamètre et nature des roues, type de freinage, largeur du plateau, hauteur de guidon, charge maximale admissible. Ce sont ces détails, plus que la fiche marketing, qui déterminent à qui l’engin convient vraiment.
Focus sur les caractéristiques du modèle Razor E100
La E100 s’adresse aux jeunes conducteurs, à partir de 8 ans, et convient encore à des préadolescents de petit gabarit. Le démarrage se fait au pied : on pousse jusqu’à environ 5 km/h avant que la poignée d’accélérateur ne réponde. Ce n’est pas une contrainte, c’est un garde-fou. L’enfant ne peut pas partir en marche arrière ni décoller à l’arrêt parce qu’il a serré la poignée par réflexe.
Le moteur, entraîné par chaîne, reste très discret et plafonne à 16 km/h. C’est la bonne vitesse pour apprendre : assez pour que ce soit amusant, assez lent pour qu’une chute reste sans gravité avec un casque et des protections. Razor propose des modèles plus rapides, mais ils visent des utilisateurs plus âgés et plus lourds.
La roue avant gonflable de 8 pouces fait beaucoup pour le confort : elle absorbe les raccords de trottoir et les graviers là où une roue pleine renvoie tout dans les poignets. Le freinage est assuré par un frein à main sur l’avant, à faire tester à votre enfant à l’arrêt puis au pas avant la première vraie sortie. La charge maximale tourne autour de 54 kilos, ce qui donne l’âge de fin d’usage plus sûrement que la mention « 8 ans et plus ».
Notre avis détaillé sur la trottinette électrique Razor E100

Razor E100
- 190€
La note : 8.5/10
Les plus
- Son prix
- Son silence
- Sa maniabilité
Les moins
- Guidon non réglable
- Faible autonomie
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La E300 change de catégorie. Elle vise les adolescents à partir de 13 ans et les adultes légers, avec un plateau nettement plus large, un guidon réglable en hauteur et des roues gonflables de 10 pouces à l’avant comme à l’arrière. La différence se sent immédiatement sur un revêtement dégradé : là où la E100 sautille, la E300 reste posée.
Le moteur de 250 W à couple élevé emmène l’engin jusqu’à 24 km/h, toujours avec le même démarrage au pied et une autonomie d’environ 40 minutes en usage continu. La charge complète demande là encore une bonne douzaine d’heures, autant la brancher la veille au soir plutôt que d’espérer un appoint express avant de partir. La charge maximale annoncée est de 100 kilos, guidon compris dans le calcul si vous transportez un sac.
Deux remarques de terrain. D’abord, le poids : autour de 20 kilos, la E300 ne se porte pas dans un escalier sans effort, ce qui change la donne si vous vivez au troisième sans ascenseur. Ensuite, le freinage arrière au guidon exige un dosage progressif sur sol humide, surtout à 24 km/h. Casque, gants et genouillères ne sont pas des accessoires décoratifs à cette allure.
Notre avis détaillé sur la trottinette électrique Razor E300

Razor E300
- 283€
La note : 9/10
Les plus
- Design moderne
- Confort optimal
- Facilité de prise en main
Les moins
- Autonomie de la batterie
- Temps de charge
Où peut-on rouler, et avec quel équipement ?
C’est le point que les fiches produit passent souvent sous silence. En France, une trottinette électrique circulant sur la voie publique relève des engins de déplacement personnel motorisés : vitesse limitée à 25 km/h, âge minimum fixé à 14 ans depuis septembre 2023, circulation interdite sur les trottoirs sauf autorisation locale, et un équipement obligatoire qui comprend feux avant et arrière, freins, avertisseur sonore et catadioptres. Le casque est exigé hors agglomération et vivement conseillé partout ailleurs.
Or les E100 et E300 sortent d’usine sans éclairage ni avertisseur sonore. En l’état, elles ne cochent pas les cases de l’équipement réglementaire : leur terrain naturel reste la propriété privée, la cour, l’allée ou les espaces où la pratique est explicitement autorisée. Pour un enfant de 8 ans, c’est de toute façon le seul cadre pertinent. Si votre besoin réel est le trajet domicile-travail, orientez-vous vers un modèle homologué avec éclairage intégré, plutôt que d’essayer de mettre une Razor aux normes à coups d’accessoires.
Quelle trottinette Razor choisir selon l’âge et le gabarit ?
Le tri se fait vite si vous partez du poids du conducteur plutôt que de son âge. En dessous de 50 kilos et pour un apprentissage, la E100 fait le travail : 16 km/h, roue avant confortable, encombrement minimal, et une vitesse qui laisse le temps de réagir. Au-delà, le moteur peine dans les faux plats et l’enfant sent la limite.
Pour un adolescent ou un adulte jusqu’à 100 kilos, la E300 offre la stabilité et le couple qui manquent au modèle d’entrée de gamme, avec des roues gonflables aux deux extrémités et un plateau où l’on pose réellement les deux pieds côte à côte. C’est aussi la seule des deux qui supporte un usage régulier sur un chemin un peu abîmé.
Ces engins ont commencé leur carrière comme jouets, et cela se lit encore dans leur conception : pas de suspension, pas d’écran, pas d’application. Les progrès des moteurs et des batteries ont fait basculer une partie du marché vers de vrais véhicules urbains, mais Razor a choisi de rester sur son terrain d’origine, celui de la première trottinette électrique. Vu le prix des pièces et la longévité de la mécanique, ce positionnement se défend très bien : on achète un engin d’apprentissage, pas un moyen de transport de substitution.